la solitude

j’errais seul dans une pièce ensoleillée

où les tables dormaient, bercées par un ennui

de fin d’après-midi, doucement ensommeillé

mais je fus dérangé, soudain, par un bruit

 

ce bruit c’était les sirènes d’Ulysse

Orphée et tanathos, les vagues de la mer

la cythare et la flûte, l’onde qui glisse

le rêve de Verlaine comme Baudelaire

 

j’étais Roxanne, le son était Cyrano

j’étais une précieuse cherchant un mot

hors du langage et de l’infâme solitude

 

un poète fou un chanteur populaire

un être marginal d’allure trop fière

goût de poèsie sucré par l’habitude 

 

 

 

 



Marcel Proust

Son style particulier faussement monotone, ses phrases piégées, son esprit d’analyse, la littérature de l’instant qu’il parvenait à créer, l’histoire touchante d’une vie, le génie de faire dire aux mots ce qu’ils ne parviennent pas à transmettre.Hommage à Proust court et dérisoire face à son oeuvre immense, le miracle de l’existence.Marcel Proust 224215~Portrait-of-Marcel-Proust-1900-Posters



le feu

sur ma douleur la douleur enfin l’emporte

et la souffrance succède à la souffrance

pour soulager enfin mon espoir en sorte

que l’étoile magnifique, l’espérance

 

se consume et emporte le péché humain

la croyance et l’azur, regard de l’horizon

et vers le sol tombent les dernières mains,

remplace ce vacarme cet horrible son

 

cette vilaine clameur qui toujours dure

remplace la par un son mélodieux et pur

une voix chrysostome, un chant douceureux

 

celui du désespoir serait le plus sûr,

dans le silence mon désespoir murmure

je serai ta muse ton radeau et ton feu.

 

 

 

 

 

 



Du côté de chez moi ( et si nous commencions par un pastiche?)

longtemps je me suis couché tôt. Mon esprit s’éteignait à l’instant précis que mon corps cherchait le sommeil, plongé tout entier dans une fatigue extrême pareille aux lourdeurs que provoquent chez certains athlètes un effort prolongé mais dont les courbatures sont devenues délicieuses à force d’exercice et qui leur procure par là même la seule sensation qui puisse les contenter. Aussi aimais je dormir, pour la seule satisfaction de ressentir confusément au moment du réveil et du coucher la sensation d’avoir la conscience de mon sommeil. Cependant bien que je dormisse vite, mon repos était toujours écourté dans son élan par quelque songe qui me restait alors mystérieux lorsque me redressant de mon lit pour réaliser mon état qui m’était encore caché par la somnolence forte qui me touchait je tentais vainement de comprendre le sens de mon rêve et de le revivre par la simple force de la pensée. Mais il était trop tard, mon rêve était perdu et je m’étais éveillé perdant du même coup le bonheur de m’assoupir sans angoisse. Je ne parvenais à me résoudre à me recoucher, et lentement la déception du réveil s’estompait . La cause en était que mes pensées se mettaient irrésistiblement en marche et rendaient impossible tout état de fatigue, et il me semblait parfois que j’étais à cet instant au summum de mon activité mentale qui eût été mise en effervescence par la pleine liberté de l’imagination que je saisissais dans ce rare moment de réelle solitude qui consiste à se retrouver dans sa chambre loin de toute compagnie certes délicieuse mais dont la présence affecte inéluctablement le comportement. Je commençais à faire aller mon imagination dans les espaces auxquels elle était habituée : je rejouais intérieurement tel un acteur répétant son rôle et qui se donne lui même la réplique tous les sentiments qui avaient vécus en moi aux différents lieux de ma journée achevée, ou encore il m’arrivait parfois d’inventer l’histoire d’obscurs héros ou encore démons et de me raconter leur épopée qui bien sûr n’apparaitraient jamais dans aucune odyssée, et dont l’auteur oubliera la génèse une heure plus tard dans les profondeurs de son assoupissement, mais dont la splendeur passée illuminait mon présent par sa gloire et sa vertu. Pourtant un soir il se produisit en moi un sentiment prodigieux, bien plus extraordinaire que la vie d’une émotion ou l’histoire d’un Hercule. Alors que je me racontais comme chaque soir ma vie intérieure et la nature de mes émotions, je me mis à revivre un souvenir le temps d’une seconde, celui précisément que je me contais à voix haute, il me sembla que ma voix s’était tue et que l’image de ce souvenir apparaissait dans ma mémoire et que je vivais mon intériorité à nouveau tout en étant convaincu d’être à ce moment même dans l’endroit de mes pensées, mais bien vite la vision fit place au silence de ma chambre et je constatais moi même l’étrange vide qui était comblé auparavant par mes paroles mais qui était réapparu suite à cette expérience merveilleuse que je venais de vivre. j’observais alors un mutisme presque religieux dans l’espérance que le phénomène temporel revienne. Mais il ne revint pas et les douceurs que j’avais eu à revivre une seconde fois un instant de ma vie m’étaient refusées comme emprisonnées dans une partie de moi qui eût demandé de sortir s’il n’y avait eu la présence d’un engourdissement de mon esprit, débilité due au manque d’habitude empêchant tel un mur pour un prisonnier de satisfaire sa sensibilité avide de ces réminiscences que je semblais contenir, et dont la poésie était si forte et exquise qu’elle transportait ailleurs jusqu’à un être qui serait précisément soi. Aussi ami blogueur si ton courage et ton goût de la littérature t’ont poussé à lire cet article jusqu’ici, sache que ce blog n’a que ce but: révéler les sentiers du bois de mon coeur, ceux que la poésie jour après jour a tracé pour conduire à l’Amour, cet ange, ce démon qui décochant les flèches de la Beauté peut être permettra d’atteindre la plénitude, sinon le plaisir d’élever le désir à son état le plus pur.  



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